le Jardin Médiéval de Padiès

le Jardin Médiéval de Padiès

petit conte des hautes terres : la fileuse d'ortie

C’est près de Valencienne, qu’autrefois vivait Burchard le loup, seigneur vil et cruel. Il maniait le fouet sur ses chevaux et sur ses serfs qu’il forçait aux labours en les attelant, pieds nus, à ses charrues.
Un jour qu’il chassait le sanglier, Burchard traversa une clairière et s’arrêta tout net devant la chaumière de Renelde, une belle paysanne, affairée à filer du chanvre au soleil couchant.
Troublé par la beauté de la jeune fille, Burchard se senti pris de passion pour elle.

La toisant du haut de sa monture, il ordonna qu’elle quitte sa demeure pour le rejoindre au château. A son grand étonnement Renelde refusa tout net. Je dois prendre soin de sa grand-mère malade et mon cœur n’est plus à prendre ; je prépare mes épousailles avec Guilbert le bûcheron, pour autant que Dieu et vous-même, mon seigneur, m’y autorisiez !
Jamais on n’avait résisté à Burchard. Furieux il mit une condition à ce mariage : tu vas cueillir toutes les orties bordant le cimetière. Fais-en un fil qui te servira à tisser deux chemises. La première sera ta tenue de noces et la seconde me servira de linceul à mon enterrement.

Renelde resta bouleversée. Elle ne savait pas comment filer des orties et son seigneur était jeune et fort et bien loin de l’heure de sa mort. Elle s’exécuta, cependant. De ses doigts souples, avec beaucoup de patience, elle arriva à filer toute sa cueillette des belles piquantes.
Elle en tira un fil souple et doux qui fut bientôt tissé. Elle confectionna, comme on le lui avait ordonné, une belle chemise pour ses noces. A peine avait-elle commencé son ouvrage pour la deuxième chemise que Burchard, dans son château fut pris d’un mal étrange, comme si le vent d'hiver lui avait brisé les côtes

Plus l’ouvrage de Renelde avançait, plus le seigneur dépérissait. IL fallait qu’elle disparaisse avant que la chemise ne soit terminée. Il ordonna qu’on la tue. On la jeta dans la rivière, on la lança dans un précipice, on voulu détruire les deux chemises, mais un sortilège protégeait la douce et pure jeune fille qui revenait toujours à son ouvrage. Quand l’aiguille piqua le dernier
point et que la deuxième Chemises fut complètement terminée,dans son château, le seigneur rendit son dernier soupir. Le lendemain, la noce de Renelde croisa, près du cimetière l’enterrement de Burchard le Loup, mort d’un mauvais amour

Tiré de l'Arbre aux Trésors d'Henri Gougaud



08/02/2017
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 42 autres membres